Au croisement des chemins,
là où les ombres s’étirent et où le ciel
s’accroche encore aux toits,
la lumière s’invite —

filtrée par les cerisiers
comme une pensée douce
entre deux silences.

Elle peint les murs
d’un rose ancien,
couleur des instants fugaces,
de ce qui passe
sans bruit.

Les cerisiers,
messagers du temps qui s’efface,
laissent tomber des pétales
comme on laisse tomber
les heures.

Leurs branches tendues
murmurent à l’air
des secrets d’éternité.

Et là,
au cœur du tableau,
un lampadaire se dresse,
droit et tranquille.

C’est un veilleur sans voix,
un témoin figé
du passage des jours.

Il cherche la lumière
même dans la clarté,
prêt à s’allumer
quand tout s’éteint autour.

Entre les feuillages,
son dôme apparaît
comme un œil endormi,

observateur d’un monde
qui oublie de regarder en haut.

À ses pieds, le sol est calme.
Mais dans l’air, tout parle — 

du cycle,
de la chute,
de la beauté discrète des choses
qui ne durent pas.